Newsletter #65:COTE D’IVOIRE: ALASSANE DRAMANE OUATTARA ANGE OU DEMON? Partie 1

8 Mar

Les observateurs de la crise ivoirienne tombent tous d’accord sur un point. Pourquoi un seul homme est la cause de la perturbation de la vie de toute une nation depuis plus de dix ans?

Certains prennent parti pour lui, d’autres le vouent aux pires malédictions, et d’autres encore essaient de décrypter la personnalité mystérieuse de M. Alassane Dramane Ouattara.


Une chose est sûre, depuis le déclenchement de la crise post-électorale, les positions au sujet de cet homme sont de plus en plus tranchées. Alassane Ouattara, depuis les élections présidentielles se trouve face à un mépris grandissant de la part de la majorité des ivoiriens et une indifférence très palpable dans le pays. Révoltées par sa cruauté à leur égard, les populations sont choquées par le soutien aveugle que lui porte une partie de la fameuse « communauté internationale ».

Pour occuper le fauteuil présidentiel, M. Ouattara aura tout tenté depuis 10 ans, pour en aboutir aux fraudes massives et aux manipulations qui ont caractérisé le second tour des élections présidentielles ivoiriennes ainsi que leur issue:

  • fragilisation de l’économie ivoirienne en tant que premier ministre

  • tentative d’usurpation du pouvoir contraire à la constitution lors du décès de Félix Houphouët-Boigny

  • actes de déstabilisation répétés de la République

  • rébellion sanglante orchestrée dès 2000 puis actionnée en 2002

  • meurtres et assassinats en tous genres

  • enlèvement et séquestration du président de la Commission Electorale Indépendante pendant près de 17 heures pour l’obliger à proclamer les résultats provisoires falsifiés à son QG de campagne

  • lancement d’une guérilla sanglante à Abidjan et plusieurs villes du pays, dès l’annonce des premières positions du panel de haut niveau de l’Union Africaine

  • utilisation de civils comme boucliers humains lors de marches pacifiques au sein desquelles sont infiltrés des rebelles lourdement armés

  • etc.

 

La liste de ses actions contre la Côte d’Ivoire est très longue. Ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays nous impose à la fois un devoir de mémoire et aussi un retour sur les récents événements qui ont été fort médiatisés. Que tout un chacun ouvre véritablement les yeux et se fasse une opinion. Alassane Ouattara: bourreau ou frère du peuple ivoirien? Alassane Ouattara ANGE OU DEMON?

 

Commençons par le devoir de mémoire dans cette première partie.

 

 

Qui est Alassane Ouattara?

By La rédaction de IvoireDiaspo November 23, 2010 (extraits)

 

Pour certains observateurs de la politique ivoirienne, il est insaisissable. D’autres, bien au contraire, ont fini par l’identifier : C’est le « candidat de l’étranger », toujours à l’écoute des intérêts de l’étranger, au détriment de ceux des ivoiriens. On connaît Ouattara, grâce à ses attitudes et comportements. Car, comme le disent les psychologues, la parole révèle l’homme. Et Dramane Ouattara ne fait pas l’exception.

 

Aux ivoiriens, il a commencé au début de sa saga, à se présenter comme étant le fils de Nabintou Cissé puis de Nabintou Ouattara. Expliquant, face à la curiosité des Ivoiriens, qu’il s’agissait de la même personne. Pour la paix sociale, tous les ivoiriens ont tourné la page illisible de son histoire personnelle avec sa « génitrice » qu’il fera naître tantôt à Dabou, tantôt à Odienné.

Quand un prestidigitateur s’introduit dans l’arène politique, les limites de l’impossible se rétrécissent fortement. A preuve : Les ivoiriens s’en souviennent comme si c’était hier, Alassane Dramane Ouattara, brandissant au Palais des congrès de l’Hôtel Ivoire, le passeport ivoirien tout neuf de son grand-père, Ibrahim Cissé né en1868 à Gbélégban (Odienné). A l’occasion du forum de la réconciliation nationale initié par le Président fraîchement élu, Laurent Gbagbo, pour panser les plaies grâce à cette catharsis, les ivoiriens (re) découvraient l’homme masqué, Ouattara, dans sa dimension de «manipulateur». Désireux de démontrer que sa mère et son père dont la carte nationale d’identité a été établie selon lui le 20 mars 1963 à Dimbokro, sont tous les deux d’origine ivoirienne. Voici encore, quelques unes des ‘‘grandes’’ déclarations de Alassane Ouattara, cet homme incapable de citer en Côte d’Ivoire où il dit avoir fait son enfance, des noms de ses amis d’enfance, d’école primaire ou de quartier de Dimbokro :

 

En 1995, il affirmait en visite en France devant les médias internationaux «on m’empêche de me présenter parce que je suis du nord et musulman» Ce protestant ouvrait ainsi la boîte de pandore, en introduisant la religion et l’ethnicisme dans la politique. Pour la première fois de l’histoire du pays d’Houphouët, un candidat à l’élection présidentielle se faisait passer pour une victime, à cause de son appartenance religieuse et communautaire. Très grave… -En 1999 il a dit : «Lorsque je frapperai ce régime, il tombera comme un fruit mûr ». Henri Konan Bédié alors chef d’État, qui avait émis à l’encontre de Alassane Ouattara un mandat d’arrêt international pour « faux et usage de faux sur la nationalité Ivoirienne », fera ainsi l’amer expérience du revanchard Ouattara qui, par le biais des « jeunes gens »(des soldats de l’armée ivoirienne),l’enlèvera du pouvoir par un coup d’État :En décembre 1999. Dans l’effervescence de cette chute de son adversaire politique, Alassane en extase dira à ses militants ceci : « Quand un Ouattara dit quelque chose, il le fait »…

C’est ce même Ouattara Alassane qui, en 2000, promettait: «si ma candidature est rejetée…. je rendrai ce pays ingouvernable» Le président de la Cour suprême M Tia Koné qui avait alors invalidé sa candidature, ne se doutait pas, à l’instar des ivoiriens que Alassane Dramane Ouattara mettrait à exécution ses menaces.

En 2002, à seulement deux à trois jours après l’attaque du 19 septembre, Ouattara réfugié au 43ème BIMA, répond à Affi N’guessan qui sollicite l’activation des accords de défense en la Côte d’Ivoire agressée, et la France. Croyant à une invasion étrangère. Parce qu’au début, on ne savait pas qui attaquait…

Et bien, Ouattara lui, savait très bien qui étaient ces assaillants. Il a alors répliqué en disant : « C’est une affaire interne à la Côte d’Ivoire, la France n’a pas à se mêler». Question : Comment le savait-il, on ne connaissait alors,ni Soro Guillaume, ni Tuo Fozie, ni Sherif Ousmane…

En 2003, le président Gbagbo de retour d’un voyage qu’il jugea fructueux avec Jacques Chirac, disait : « nous sommes d’accord que la priorité, c’est le désarment… ». Réplique de Alassane Ouattara, précédé par Cissé Bacongo, à l’époque son répondeur automatique: «Non, non, la priorité, ce n’est pas le désarment, la priorité c’est la question identitaire », sous-entendu, les rebelles doivent garder les armes jusqu’à ce que le problème ”identitaire” ou de papier soit réglé… Affi N’guessan et le FPI exigent le désarment avant les élections.

Réponse de Ouattara : «…on peut faire les élections sans désarmement,… il y a eu des élections en Irak et en Afghanistan sans qu’il n’y ait eu désarment…».

 

A propos des Forces de Défense et de Sécurité nationale qu’il ne porte pas du tout dans son cœur et dont il entend réduire l’effectif quand il deviendra Président de la République , Alassane dira ceci : « ils doivent être désarmés… » Oui, ce politicien, sans sourire, voulait désarmer l’armée nationale. Du jamais vu. Sa haine contre les Fanci éclatera à la face du monde, quand, en pré campagne dans le V Baoulé, il se lâcha, à propos du pont reliant deux régions, que les soldats loyalistes avaient détruit en pleine guerre contre les assaillants venus du Nord. Déclarant net : «c’est un acte stupide»

Bien entendu, la réplique du général Mangou chef d’état major des Fanci, fut à la hauteur de la sortie de celui de qui est sorti « le pipi qui a coupé le pays en deux » La réplique de Mangou ne s’est pas faite attendre. Ouattara ne s’est jamais gêner d’étaler son amour débordant pour les rebelles à qui il a rendu visite à Bouaké lors de la précampagne électorale. Sur RFI, il dira, à propos de la rébellion : «les rebelles et moi, nous menons le même combat». Avant d’enfoncer le clou, à la surprise générale, face à ses filleuls Comzones qui, à Bouaké et autres zones Cno, font la pluie et le beau temps : «votre combat est noble».

 

D’où vient-il?

Né le 1er janvier 1942 à Dimbokro ou en Décembre 1941 à Sindou au Burkina Faso alors Haute-Volta, Alassane Dramane Ouattara est le fils Dramane Ouattara, ressortissant voltaïque. Sa filiation du coté maternel est plus opaque. Faisant mentir l’adage mater certum, pater sempre incertum, Alassane Dramane Ouattara a présenté, dans ses divers documents administratifs, deux femmes différentes comme étant ses mères. Sur son jugement supplétif (acte de naissance), la mère de Ouattara s’appelle Nabintou Ouattara née à Odienné. Mais, dans le dossier qu’il a présenté à l’élection présidentielle de 2000, sa mère s’appelle cette fois Cissé Nabintou née à Dabou.

Nonobstant ce flou sur l’identité de sa mère, Alassane Dramane Ouattara est retourné en Haute Volta avec son père, dans les années 50, pour y effectuer sa scolarité. Jeune homme âgé de 20 ans, il a été, en mars 1962, convoqué pour satisfaire à ses obligations militaires. Recensé dans le premier contingent des Forces armées voltaïques naissantes sous le matricule 62/824 FAV de la classe de 1962, il a par la suite bénéficié d’un sursis. Les registres des Forces armées, encore disponibles au Faso, qui peuvent être consultés sans déplacement, en attestent.

Il se rend par la suite aux États-Unis, plus précisément à Philadelphie, pour y poursuivre ses études en tant que boursier au titre de la Haute Volta, dont il a obtenu les documents officiels. L’intéressé lui-même affirme s’être rendu aux USA en 1962 pour y continuer sa scolarité muni d’un passeport ordinaire voltaïque (“J.A.” n°1812 du 28 septembre au 4 octobre 1995 p. 67).

Sur place, il s’est fait recenser comme étudiant voltaïque, ainsi que le prouve sa carte de sécurité sociale délivrée par les autorités américaines en octobre 1962, qui porte le n°165-40-9295.

Une fois ses études terminées aux USA, il a été recruté, en tant que citoyen voltaïque, au poste d’économiste principal au Fonds monétaire international (FMI) en avril 1968. A chacune de ses promotions au sein de cette institution, la presse panafricaine, particulièrement “Jeune Afrique”, l’a toujours présenté comme un ressortissant de la Haute Volta sans que cela ne soit démenti. Les livres de référence du FMI disponibles à Washington, au siège de l’institution, le présentent aussi sous cette nationalité.

Haut fonctionnaire de la Haute Volta, Alassane Dramane Ouattara a bénéficié de deux passeports diplomatiques de ce pays sous les n° 457 du 23/12/1973 et n°DPL/1478 du 10/09/1985. Les dossiers pour l’obtention de ces documents contenant bien un certificat de nationalité voltaïque de l’intéressé sont, eux aussi, disponibles au Faso, et les registres chronologiques du ministère des Affaires étrangères qui les a délivrés mentionnent que l’intéressé a la nationalité voltaïque ou burkinabè.

Dans le cadre de ses visites de travail dans les pays africains, du temps où il était agent FMI, Alassane Dramane Ouattara a séjourné, du 2 au 9 janvier 1988, en Côte d’Ivoire. A la réquisition de la police des frontières, il a produit des documents officiels burkinabè pour justifier de son identité et de sa nationalité, a rempli et signé de sa main les fiches de police en y indiquant librement la même nationalité. A l’hôtel Ivoire où il a séjourné, les mêmes informations ont été données. Ces fiches, dont copies ont été portées à la connaissance de l’intéressé, sont disponibles dans les archives de la police nationale de Côte d’Ivoire et à l’hôtel Ivoire.

D’octobre 1988 à décembre 1990, Alassane Dramane Ouattara a été gouverneur de la BCEAO au titre de la Côte d’Ivoire. Il convient ici de rappeler que dans la répartition des postes entre les pays membres de la banque centrale, celui de gouverneur est réservé à la Côte d’Ivoire, quand celui de vice-gouverneur est dévolu au Burkina Faso. Ouattara ayant occupé le poste de gouverneur, on suppose qu’il était devenu Ivoirien à ce moment-là.

 

Seulement voilà, avant d’être gouverneur de la BCEAO, Alassane Dramane Ouattara a été successivement vice-gouverneur de la BCEAO (janvier 1983 à octobre 1984) et directeur Afrique du FMI (novembre 1984 à octobre 1988) en tant que Burkinabè. Alors question : comment Ouattara est-il devenu Ivoirien par la suite pour occuper le poste de gouverneur de la BCEAO ? A ce jour, il n’existe en effet aucune trace d’un quelconque décret de naturalisation d’Alassane Dramane Ouattara dans les archives nationales ivoiriennes. L’intéressé lui-même n’a par ailleurs toujours pas été à même de produire ledit document.

Une conclusion s’impose : Les «Nord» se suivent mais ne se ressemblent pas. Au regard de ce qui précède, Alassane Dramane Ouattara n’est pas originaire du Nord de la Côte d’Ivoire, comme il se plait à le dire, repris en chœur par les organes de la presse étrangère acquis à sa cause, mais est bel et bien le ressortissant d’un pays au Nord de la Côte d’Ivoire. Nuance.

 

 

Bédié parle de la nationalité de Alassane Dramane

Extraits du livre d’Henri Konan Bédié, Les Chemins de ma vie, Entretiens avec Éric Laurent, Plon, 1999

 

P. 147-150 :

H.K.B : [A. D. Ouattara] était burkinabé par son père et il possédait toujours la nationalité du Burkina Faso, il n’avait donc pas à se mêler de nos affaires de succession.

 

E.L. : Mais il avait pris la nationalité ivoirienne?

H.K.B. : Je ne saurais le dire, jusqu’à ce que la preuve en soit faite. Le président Houphouët lui avait accordé un passeport diplomatique quand il avait des difficultés avec les autorités du Burkina Faso. Il servait alors à la Banque centrale, commune aux sept États d’Afrique de l’Ouest. Un passeport diplomatique, vous savez, n’est pas une pièce d’état civil.

 

E.L. : Il avait tout de même été Premier ministre et à ce titre le chef du gouvernement.

H.K.B. : Certes, mais sa mission était terminée. La charge de ministre, fût-ce celle de Premier ministre, n’a pas comme un mandat électif une durée fixée d’avance. A tout moment il peut être mis fin à cette fonction par le président de la République. Ce n’était pas la première fois dans son histoire que le président Houphouët-Boigny faisait appel à des compétences techniques extérieures. Encore une fois, il n’existait pas la moindre ambiguïté la-dessus. Au demeurant, Alassane Ouattara était allé un jour voir le président Houphouët-Boigny, en présence d’un témoin, pour lui demander de le prévenir quelques jours à l’avance, au cas où il souhaiterait mettre fin à ses fonctions, de façon à avoir le temps de faire ses valises. Il ne semblait pas vouloir servir en Côte d’Ivoire après sa mission à la tête du gouvernement. Aussi, lorsque M. Camdessus, directeur général du FMI, m’a informé de son intention de l’appeler auprès de lui, je n’y ai vu aucun inconvénient. J’ai répondu : à condition qu’il ne s’occupe pas des dossiers de la Côte d’Ivoire, pour des raisons élémentaires de déontologie en vigueur dans cette institution.

Après le départ d’Alassane Ouattara, nous avons renoué les négociations avec le FMI et la Banque mondiale et mis au point un nouveau programme. Entre-temps j’ai pris la décision de rallier ceux, peu nombreux, qui étaient favorables à la dévaluation du franc CFA. La Cote d’Ivoire a été la locomotive africaine de la dévaluation de 1994.

 

E.L. : Selon certains observateurs et experts, la candidature à la présidence d’Alassane Ouattara, en 1995, aurait menacé l’unité du pays, en raison d’un risque de fracture entre le Nord et le Sud, entre chrétiens et musulmans?

H.K.B. : Alassane Ouattara savait très bien que la mission qui lui avait été confiée exigeait qu’il ne se mêle pas des problèmes politiques, d’autant qu’il n’était pas un citoyen ivoirien. Le président le lui avait dit et me l’avait confié, ainsi qu’à de nombreuses personnalités ivoiriennes et étrangères.

 

E.L. : En quels termes?

H.K.B. : En termes très clairs et aussi par des faits précis. Peu après sa nomination, le président a demandé à Alassane Ouattara de se rendre dans les capitales voisines pour insister sur l’objectif purement économique de sa mission. La preuve que son action était temporaire, c’est que le président demandait de conserver son poste vacant à la tête de la Banque centrale. Pendant deux ans le poste fut maintenu ouvert et son occupant, Charles Banny, n’agissait que comme intérimaire.

 

E.L. : En 1993, a-t-il vraiment existé un risque de conflit religieux?

H.K.B. : La réponse est non. Je répète que le président voulait qu’Alassane Ouattara s’occupe uniquement de l’économie. A cette fin, il devait s’appuyer sur moi et sur l’Assemblée nationale pour faire passer les mesures impopulaires de l’ajustement structurel. En revanche, je n’étais pas parfaitement informé des relations qu’il entretenait avec les milieux musulmans. Ce que je sais, c’est qu’un tract intitulé La Charte du nord circulait pendant qu’il était au gouvernement. Le président s’en était du reste vivement indigné et avait même demandé que l’on traque les auteurs de ce manifeste. Lors de mon accession à la présidence de la République, les musulmans n’ont pas manifesté la moindre hostilité à mon encontre, et, en 1995, quand je suis devenu président élu, les régions musulmanes de la Côte d’Ivoire ont voté pour moi à plus de 95 %. Par conséquent, je crois que cette donnée n’a pas pesé dans la balance. L’intrigue se situait ailleurs, plutôt au niveau des prises de position d’un certain groupe sur l’application de la Constitution.

 

 

Le Père de la Rébellion ivoirienne

 

Les Ivoiriens qui avaient encore des doutes sur les origines de la guerre en Côte d’Ivoire sont désormais situés après les déclarations faites à Bouaké par le président du Rassemblement des Républicains (RDR), Alassane Dramane Ouattara. Ce dernier a clairement avoué être le véritable père de la rébellion qui a endeuillé des milliers de familles ivoiriennes. Ce que les Ivoiriens et l’opinion internationale savaient depuis le déclenchement de la guerre en Côte d’Ivoire vient d’être confirmé par Alassane Dramane lui-même. Depuis Bouaké où il est en tournée politique, il a jeté le masque. En se félicitant de l’indispensable combat des ex-rebelles. A la faveur de l’audience que lui a accordée avant-hier Sinima Bamba, directeur de cabinet du Secrétaire général des Forces Nouvelles, Guillaume Soro Kigbafori, le président du RDR a d’abord tenu à féliciter les ex-rebelles pour la justesse de leur combat et pour les sacrifices consentis. Votre combat était indispensable?, s’est réjoui Alassane Ouattara qui s’adressait aux Forces nouvelles. Avant de poursuivre : Vous avez pris beaucoup de risques et fait des sacrifices énormes. Mais nous sommes au bout du tunnel?. Après ces propos, Alassane Ouattara a invité les Forces nouvelles à mettre fin aux arrangements politiques. Comme pour dire à ses poulains: Arrêtez de continuer de travailler dans la paix avec Gbagbo. Je vous ai envoyés en mission. Celle-ci est accomplie avec brio puisque je serai candidat.

 

Maintenant, je vous demande de revenir prendre vos places initiales dans la société, aux côtés de vos camarades du RDR. Celui qui ne se soumettrait pas à cette décision sera ex-communié?. Alassane Dramane Ouattara a tout à fait raison de rendre un vibrant hommage à la rébellion qui a endeuillé et désolé plusieurs milliers de familles ivoiriennes, par la destruction des villages entiers, par des tueries, viols massifs et collectifs, rendant ainsi infirmes des femmes, des jeunes et des vieillards. Il ne se trompe pas lorsqu’il félicite les rebelles pour les risques pris, en livrant leurs poitrines aux canons, afin que lui, Ouattara, soit autorisé de façon exceptionnelle à être candidat à la présidentielle en Côte d’Ivoire, là où la loi ivoirienne lui interdisait formellement d’être candidat. Il est tout à fait normal qu’il rende un hommage appuyé à la rébellion.

 

Entre, nous, aurions-nous fait autre chose si nous étions à la place du président du RDR ? Le problème est qu’avec ces propos et cette mise en garde, Dramane Ouattara fait un aveu du genre : C’est moi, Alassane Dramane Ouattara, le père de la rébellion ivoirienne?. Mais c’est moins faire preuve de courage qu’une façon bien pensée de se moquer des Ivoiriens. Car au moment où les Ivoiriens cherchaient le parrain de cette rébellion, dont ils ne comprenaient pas les motivations, Ouattara n’a pas osé lever le petit doigt et se frapper la poitrine. Il s’est plutôt muré dans un silence qui en disait d’ailleurs long sur son caractère d’homme qui refuse d’assumer. Il n’y a eu que le petit Guillaume Soro pour dire : J’assume la paternité de la rébellion et je demande aux autres de ne pas avoir le complexe de la rébellion?.

 

En tout état de cause, qu’il ait avoué avant ou qu’il l’avoue maintenant, cela ne changera rien à ce que les Ivoiriens et la communauté internationale savaient déjà des relations très étroites qu’entretient Ouattara avec les ex-rebelles. Que ce soit avant ou maintenant, chaque rebelle a fait des aveux sur le rôle extrêmement important de Dramane Ouattara dans la destruction de la Côte d’Ivoire. Souvenons-nous ! D’abord, pendant l’audience d’avant-hier, Sinima Bamba a noté que la visite de Alassane Dramane Ouattara à la rébellion est ressentie comme un honneur aux Forces nouvelles qui, depuis sept ans, reçoivent la première fois une autorité du rang du président Alassane Ouattara?. Sinima Bamba s’est réjoui du soutien inestimable apporté à la rébellion par le président du RDR qu’il a qualifié de défenseur de la justice et de la légalité grâce à qui les objectifs des Forces nouvelles sont en train d’être atteints?. Avant Sinima, et au début de la guerre faite à la Côte d’Ivoire, Koné Zacharia, le com’zone de Séguéla en disgrâce avec la direction des Forces nouvelles depuis bientôt un an et Chérif Ousmane, ex-garde du corps d’Alassane Ouattara et com’zone de Bouaké, ont présenté le président du RDR comme le soutien moral et financier de la rébellion. A Korhogo, où il animait un meeting au début de la rébellion pour présenter leur mouvement aux parents du Nord, Koné Zacharia déclarait devant les populations rassemblées : Ce mouvement n’appartient ni à Zacharia ni à Soro Guillaume ni à Chérif Ousmane. Mais à votre fils Alassane Dramane Ouattara grâce à qui nous avons pu survivre tout le temps que nous sommes restés au Burkina Faso. C’est lui qui nous envoyait 25 millions de FCFA chaque fin de mois au Burkina Faso où nous nous entraînions. Chérif Ousmane, lui, à Mankono a appuyé les déclarations de Zacharia en allant plus loin : C’est à cause de Alassane Ouattara que nous avons pris les armes. Nous avons pris les armes pour qu’il soit candidat. Ces propos ont valu dans le temps à Chérif une mise en garde et une interdiction de parler en public jusqu’à nouvel ordre. Ce sont toutes ces déclarations que le président du RDR, Alassane Dramane Ouattara vient de confirmer dans l’antre de la rébellion. Pour dire merci à ceux qui lui ont permis d’être un candidat exceptionnel à la présidence. Grâce aux armes et dans la douleur.

 

Pourtant, chaque fois que les observateurs ont voulu lier le nom de Alassane Dramane Ouattara à la rébellion, l’homme qui manque de courage et qui n’ose pas assumer ses actes a toujours réfuté ces accusations. Il n’osait même pas reconnaître que deux mois avant la survenue de la guerre, il a tenu des propos portant atteinte à l’ordre public : Je rendrai ce pays ingouvernable dans quelques jours. S’ils veulent nous allons gnagami (ndlr : terme malinké signifiant mélanger) le pays. Le pays a été mélangé et rendu ingouvernable depuis la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Malheureusement, il n’a pas voulu assumer. Et Guillaume Soro Kigbafori s’est imposé devant le vide. Cette façon d’agir d’Alassane Dramane Ouattara ne fait pas de lui un responsable. Et il gagnerait à arrêter de se moquer des Ivoiriens qui ont souffert et qui souffrent encore dans leur chair et dans leur âme de ses méchancetés.

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